Cérémonie d'hommage au gendarme Noël Le Gac

cérémonie d'hommage au gendarme Noël Le Gac à Gourin

Mardi 4 février, la commune de Gourin a vécu une journée particulière.

cérémonie d'hommage au gendarme Noël Le Gac à Gourin

124 élèves-gendarmes de la 3ème compagnie d’instruction de l’école de gendarmerie de Châteaulin ont rendu hommage à un enfant du pays, le gendarme Noël Le Gac, résistant, mort en Déportation. La tradition veut que ces élèves sous-officiers choisissent comme parrain de promotion, un sous-officier de gendarmerie mort en service.

cérémonie d'hommage au gendarme Noël Le Gac à Gourin

Noël Le Gac, né le 3 décembre 1902, intègre les rangs de la gendarmerie nationale en 1932. Il est affecté à sa demande à la brigade de Gourin en septembre 1941 après Parthenay, et Pontivy.

Au sein de cette brigade de six gendarmes, sous les ordres de l’adjudant-chef Le Gal commandant la brigade (sa fille Annette était présente à la cérémonie), tous les gendarmes participent aux actions de la Résistance d’une part au sein de l’action de la gendarmerie du Morbihan, aux ordres du commandant Guillaudot, et d’autre part au sein du maquis local, le réseau « Vengeance ». Les six militaires de la brigade ont rendu courageusement de nombreux services à ce mouvement clandestin très actif. Ils ont ainsi aidé les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire), en prévenant les intéressés des opérations de la Gestapo de Carhaix. Ils ont aussi participé aux rapatriements d’aviateurs alliés et à la réalisation des largages de matériels. Ils ont formé les maquisards à l’utilisation de l’armement. Ils ont aussi fourni de nombreux renseignements aux Alliés sur la position des Allemands, de leurs mouvements, de leur armement.

A la suite de la disparition d’un inspecteur de la police allemande, cinq des six militaires de la brigade sont arrêtés par la Gestapo les 14 et 15 mai 1944, parfois dans leur logement, sous les yeux des enfants. Ils sont transférés à Quimper, où ils sont torturés. Après un terrible voyage dans des wagons à bestiaux, ils arrivent au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg.

Noël Le Gac passera deux mois dans le camp central à fabriquer des briques dans des conditions épouvantables, puis sera affecté au Kommando extérieur d’Husum-Shwesing, près de la frontière du Danemark, afin de creuser des fossés anti-chars. Travaillant parfois à -30°, mal habillé, mal nourri, battu, malade, il décèdera suite aux blessures et aux maladies le 13 décembre 1944. Son corps n’a jamais été rapatrié. Il était marié et père de deux enfants. 

Aucun de ses camarades de la brigade de Gourin n’est revenu. Ils s’appelaient : adjudant Jules Le Gal, gendarmes Joseph Flour, Joseph Rault et Alban Le Cair, ce dernier ayant été honoré en mai 2013, à Gourin, choisi comme parrain par la promotion précédente.

cérémonie d'hommage au gendarme Noël Le Gac à Gourin

En célébrant la mémoire de Noël Le Gac, c’est à tous les gendarmes de Gourin, résistants et morts en Déportation, que les honneurs ont été rendus par les futurs gendarmes, qui ne veulent pas oublier le sacrifice de leur aîné.